Décoration d’un open space : le zonage, l’acoustique et la lumière font la différence
La décoration d’un open space ne se résume pas à quelques plantes et affiches. Elle organise la manière dont les équipes se concentrent, échangent, circulent et prennent une pause. Un espace ouvert réussi reste lisible au premier regard : chacun identifie facilement l’endroit où travailler au calme, passer un appel, collaborer ou se détendre, sans transformer le plateau en succession de bureaux fermés.
Partir des usages avant de choisir les couleurs
Un open space facilite les échanges et s’adapte à l’évolution des effectifs. En contrepartie, il expose les collaborateurs au bruit de fond, aux passages répétés, aux reflets sur les écrans et au manque d’intimité. La décoration doit donc répondre à ces irritants avant de chercher un effet visuel. Observer les habitudes réelles évite de créer un décor séduisant, mais peu pratique.
Cartographier les besoins des équipes
Repérez les équipes qui travaillent souvent ensemble, celles qui reçoivent de nombreux appels et celles qui ont besoin de longues périodes de concentration. Les fonctions commerciales ou support n’ont pas les mêmes besoins de confidentialité qu’une équipe de création habituée aux échanges spontanés. Un court questionnaire anonyme peut faire ressortir les moments bruyants, les zones délaissées et les manques les plus urgents.
Cette cartographie doit aussi intégrer les flux : entrée, imprimantes, casiers, salles de réunion, cuisine et sorties. Les passages ne doivent pas traverser les espaces qui demandent du calme. À titre de repère, prévoyez au moins 80 cm de passage pour faciliter la circulation d’une personne. Pour le poste lui-même, un plan de travail de 120 x 80 cm constitue un minimum. Les formats de 140 x 80 cm ou 160 x 80 cm offrent davantage de confort selon les équipements utilisés.
Donner une fonction claire à chaque partie du plateau
Plutôt que d’aligner tous les bureaux de manière uniforme, composez plusieurs ambiances : une zone de travail partagé, un espace de concentration, un lieu de réunion informelle, une zone d’appels et un espace détente. Cette logique d’aménagement activity-based convient particulièrement au flex office. Le collaborateur choisit l’environnement adapté à sa tâche au lieu de rester toute la journée sur un poste unique.
Délimiter sans alourdir la décoration d’un open space
Le zonage visuel donne du rythme au plateau et évite l’impression de vaste salle indifférenciée. Il ne s’agit pas de reconstruire des bureaux fermés, mais de créer des seuils perceptibles avec les volumes, les matières, les sols et le mobilier.
| Solution | Usage privilégié | Atout principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Claustra ajouré | Séparer sans assombrir | Préserve les vues et la lumière | Protection sonore limitée |
| Bibliothèque traversante | Marquer une équipe ou une zone lounge | Combine rangement et séparation | Doit rester ordonnée |
| Panneau ou cloisonnette acoustique | Créer des postes concentrés | Réduit les distractions visuelles et sonores | À associer à d’autres absorbeurs |
| Moquette en dalles ou tapis | Définir un espace collaboratif | Change l’ambiance sans travaux lourds | Choisir un revêtement adapté à l’entretien |
| Rangements mobiles | Organiser un open space évolutif | Facilitent la reconfiguration et le rangement de proximité | Prévoir une zone de remisage |
Utiliser le mobilier comme une frontière douce
Un bureau bench pour 2, 4, 6 ou 8 personnes convient aux équipes qui collaborent régulièrement. Placez-le en îlot, puis installez un meuble bas, une bibliothèque ou des armoires séparatrices en périphérie pour créer une limite sans couper la pièce. Les caissons sur roulettes, avec ou sans serrure, aident à garder les surfaces nettes et à protéger les effets personnels.
La cohérence d’un aménagement se joue souvent dans les jonctions : l’endroit où la moquette devient sol souple, où le claustra se prolonge par une banquette ou où un luminaire signale une table de réunion. Soigner ces raccords évite l’effet catalogue et aide à comprendre naturellement le changement d’usage. Une même teinte de textile, reprise sur les assises, les panneaux absorbants et les stores, peut relier plusieurs zones sans les confondre.
Traiter le bruit et la confidentialité avant les détails décoratifs
Une belle décoration ne compense pas une réverbération permanente. Les surfaces dures, vitrées ou minérales renvoient les conversations, tandis que les matériaux souples et poreux les absorbent davantage. L’objectif n’est pas de rendre le bureau silencieux, mais de limiter la propagation des voix et la fatigue de l’attention.
Combiner les solutions acoustiques
Installez des panneaux acoustiques muraux, suspendus au plafond ou montés sur pieds près des zones les plus animées. Des cloisonnettes en tissu ou en feutre recyclé entre les postes créent une première protection. Certains panneaux en feutre recyclé peuvent annoncer jusqu’à 50 % de réduction de la réverbération. Leur efficacité dépend toutefois du volume de la pièce, des matériaux déjà présents et de leur implantation.
La moquette épaisse ou les dalles textiles, les rideaux lorsque la configuration le permet, les banquettes tapissées et les tapis complètent ce dispositif. Varier les matières est plus efficace que de placer un unique panneau décoratif sur un mur isolé. Le confort sonore se construit avec une répartition de surfaces absorbantes dans l’ensemble de l’espace.
Créer de vrais refuges pour les appels
Les phonebox et cabines acoustiques ventilées répondent aux appels confidentiels, aux visioconférences et aux échanges courts. Elles doivent rester faciles d’accès, tout en étant éloignées des postes qui demandent une concentration prolongée. Pour les réunions informelles, une alcôve avec banquette, panneau absorbant et éclairage doux offre une alternative moins formelle qu’une salle fermée. Ces espaces empêchent les conversations de se diffuser dans tout l’open space.
Composer une ambiance lumineuse, cohérente et vivante
La lumière naturelle doit rester disponible pour le plus grand nombre. Orientez les postes pour éviter les reflets directs sur les écrans, puis modulez l’apport lumineux avec des stores à lamelles orientables. Les cloisons vitrées et les claustras ajourés permettent de diffuser la lumière jusqu’aux zones éloignées des façades.
Superposer les éclairages plutôt que tout uniformiser
Un éclairage général homogène est nécessaire, mais il gagne à être complété par des suspensions au-dessus des tables de collaboration, des lampadaires dans les espaces lounge et des lampes de bureau lorsqu’une tâche exige de la précision. L’éclairage indirect réduit l’éblouissement et les contrastes excessifs. Évitez une lumière froide et uniforme qui donne au plateau une apparence clinique, tout comme les zones sombres qui isolent certains collaborateurs.
Choisir couleurs, matières et végétation avec mesure
Une base de blancs cassés, de gris doux, de beige ou de teintes minérales apaise l’ensemble. Les couleurs de l’entreprise peuvent apparaître par touches sur un mur, des assises, une vitrophanie ou des accessoires, sans saturer le champ visuel. Le bois réchauffe, le métal structure, tandis que les textiles et le feutre renforcent la sensation de confort.
Ajoutez des plantes en groupes près des espaces de pause ou des séparations, sans encombrer les circulations. Leur emplacement peut aussi aider à distinguer une zone détente d’un espace de travail. Pour préserver une décoration cohérente, choisissez des contenants compatibles avec les couleurs, les matières et le niveau d’entretien prévu dans les locaux.
Faire durer le projet et savoir quand se faire accompagner
La décoration d’un open space doit supporter les déménagements de postes, les arrivées d’équipe et l’usage quotidien. Privilégiez du mobilier modulable, réparable et facile à entretenir. Le réemploi du mobilier existant mérite aussi d’être évalué : une table peut changer de fonction, une armoire être repeinte ou un fauteuil retapissé, à condition que son ergonomie et son état le permettent.
Pour un projet de création, de déménagement, de rénovation importante ou de passage au flex office, un accompagnement professionnel sécurise les décisions. Un audit des usages, un plan d’aménagement, le sourcing du mobilier et la coordination des livraisons permettent d’aligner circulation, acoustique, identité visuelle et contraintes techniques. La méthode IMPACT, composée de six étapes, Identité, Mapping, Projection, Aménagement, Coordination et Transmission, montre comment passer d’une intention décorative à un espace de travail réellement approprié par les équipes.
Avant toute commande, faites tester le plan auprès de futurs utilisateurs et vérifiez les règles applicables à vos locaux en matière de sécurité, d’accessibilité et d’évacuation. Une décoration d’open space réussie reste agréable après plusieurs mois parce qu’elle facilite concrètement le travail de chacun.



